La ville du futur : entre angoisse et fascination

Temps de lecture : 2 minutes

Serge Wolikow

Historien, Msh Dijon. Président du conseil scientifique que la Fondation Gabriel Péri.

 

Le film de Fritz Lang Metropolis reste aujourd’hui encore une référence lorsque sont passées en revue les  représentations contemporaines de la ville, notamment au cinéma… Les cinéastes d’aujourd’hui  continuent de citer un film qui bien que réalisé en 1926, à l’époque du muet, a marqué l’imaginaire de la ville d’ailleurs au-delà du monde cinématographique. Même si dans l’œuvre filmique de Fritz Lang, ce film, aux dires même de ses remarques ultérieures, n’est pas sans faiblesses et insuffisances, cependant il continue de susciter un intérêt et le débat au début du XXIe siècle comme en témoigne expositions et ouvrages récents.

 

 

Lorsque le film sort en 1927, l’Allemagne après les soubresauts de l’après-guerre semble stabilisée. Dans le domaine de cinématographique, la UFA (Universum-Film AG) s’est rapprochée des majors d’Hollywood au même titre que les capitaux américains viennent garantirent en Allemagne le plan de stabilisation. Deuxième puissance économique mondiale, l’Allemagne rivalise avec les États-Unis dans le registre  de la modernité et de l’innovation scientifique. Les nouvelles questions liées à l’urbanisme associées à l’industrialisation suscitent des controverses bien au-delà du monde des architectes et des ingénieurs.

Dans cette ville futuriste, la population est divisée en deux. D’un côté, vivent en surface dans de somptueux et luxueux gratte-ciels les riches oisifs qui peuvent se distraire dans des amphithéâtres, des bibliothèques, des théâtres, des stades mais aussi dans les “fabuleux jardins éternels”. De l’autre côté, les travailleurs qui ont construit la ville et l’alimentent en énergies vivent dans la “cité ouvrière” qui git au plus profond de la terre. Comme ce sera le cas pour leurs enfants plus tard, ils travaillent dix heures par jour sur des machines exécutant des mouvements répétitifs et exténuants. Les esclaves de la machine déshumanisés et les nantis évoluent dans des mondes parallèles sans se croiser.

 

Pour aller plus loin :

Bernard Eisenschitz, Fritz Lang au travail, Paris, Cahiers du cinéma, 2011, 271 p.

Lotte H. Eisne, Fritz Lang (traduction de Bernard Eisenschitz), Paris, Flammarion, 1988, 438 p.

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