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Ecole,
l'urgence
de l'égalité

Edito

L’école, un enjeu structurant

Par Louise Gaxie et Alain Obadia

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Actualités du débat

Les tendances dominantes

«Les héritiers» de Bourdieu et Passeron: une analyse d’une grande actualité

« Les Héritiers » remettait en cause le consensus idéologique selon lequel l’école récompense le seul mérite des élèves, indépendamment de leur milieu socio-culturel. Après avoir replacé cet ouvrage dans son contexte, Patrick Champagne en résume la démarche, les faits établis et l’explication sociologique donnée par ses auteurs.

Entre compétences et compétition: l’École sacrifiée à la crise du Capital

Nico Hirtt revient ici sur les politiques éducatives adoptées par les pays membres de l’OCDE pour transformer le système scolaire en une machine à même de produire des travailleurs et des consommateurs flexibles et dociles.

La carte scolaire ou l’entretien étatique des inégalités de scolarisation

En interrogeant l’enjeu de la mixité, Lorenzo Barrault-Stella met en évidence les ressorts d’une politique publique qui, si elle permet d’organiser la scolarisation, structure et légitime la capacité des mieux dotés à s’accommoder des contraintes étatiques et ne prend pas véritablement en compte les ségrégations socio-spatiales et ethno-raciales pré-existantes.

Le soutien scolaire marchand: un produit dopant dans un cadre concurrentiel

Si le soutien scolaire tarifé n’est pas une pratique nouvelle, le développement d’organismes marchands offrant des services déclarés, standardisés et contrôlés de soutien individuel ou en petits groupes est une évolution récente dont l’enjeu ne doit pas être sous-estimé. Dans un contexte d’accentuation de la compétition scolaire, l’angoisse est le premier moteur du recours à ce service pour les familles qui en ont les moyens et qui cherchent à convertir des ressources économiques en titres scolaires…

Les entreprises sont-elles habilitées à éduquer la jeunesse?

Alors même que cette évolution ne fait l’objet d’aucun débat public, les entreprises s’imposent progressivement dans la communauté éducative que ce soit par le développement de formations en leur sein (ex de l’apprentissage) ou par la pénétration de leurs valeurs et modes d’organisation dans le cadre scolaire. Lucie Tanguy revient sur cette inversion politique générale qui tend à rapprocher ces deux mondes, jusqu’alors séparés au nom de valeurs politiques émancipatrices.

La réforme des lycées professionnels: un enjeu de société

Tandis que les réformes de l’Éducation nationale suscitent de vives protestations, l’une d’entre elles est très peu évoquée alors que ses enjeux sont primordiaux. Présentée sans concertation en mars 2018 et effective dès la rentrée 2019, la réforme des lycées professionnels semble avoir pour principal leitmotiv la réalisation d’économies au détriment des élèves de ces lycées, pour la plupart issus de milieux populaires. Julie Mandelbaum, Germain Filoche et Élise Boscherel reviennent sur le contenu de cette réforme.

Les dégâts du néo-management dans l’éducation

Autoritarisme, absence de concertation, intimidation voire pratiques illégales, tentatives de division et casse des solidarités, dégradation du climat scolaire ou encore souffrance au travail sont quelques-unes des conséquences des nouvelles méthodes managériales qui s’implantent dans les établissements scolaires. Un enseignant nous raconte son expérience dans un collège classé « éducation prioritaire ». Elle devrait nous alerter sur les transformations en cours !

D'autres possibles?

Pour l’école commune jusqu’à 18 ans!

Pour favoriser une plus grande égalité dans l’accès aux diplômes, sortir d’une politique de tri des élèves et assurer un niveau de formation global plus satisfaisant, Alain Beitone propose d’augmenter la durée de la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans afin de permettre à 100 % d’une classe d’âge d’obtenir le baccalauréat. Cette « révolution culturelle » implique des changements de structures et de pratiques d’enseignement.

L’école commune

De la suppression de la mise en concurrence des élèves à la disparition de la différenciation des parcours scolaires en passant par la transmission d’une culture commune « polytechnique » jusqu’à 18 ans, la création d’un « lycée unique » ou encore la reprise en main par les enseignants de leur métier, Jean-Pierre Terrail nous présente ici les traits généraux des propositions du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire (GRDS) pour une « école commune ».

Pour une école du commun

Face au modèle d’école néolibéral qui met en concurrence les élèves et les établissements scolaires, transforme l’éducation en marchandise et les institutions scolaires en entreprises prestataires de services individualisés et de valorisation du « capital humain », Francis Vergne nous invite à réinventer, en réactivant un principe d’espérance et un imaginaire émancipateur, la nouvelle école démocratique.

Débats sur l’école: les partisans de la démocratisation et de l’émancipation pris entre deux feux

Entre les tenants d’une vision conservatrice de l’école, axée sur l’autorité, et les partisans d’une « modernisation » éducative amplifiant la marchandisation et la mise en concurrence des établissements, le débat sur l’école oscille entre deux postures qui contribuent au maintien d’un système scolaire inégalitaire. Alain Beitone questionne dans ce texte la possibilité d’autres voies…

Quelles pédagogies?

Maria Montessori, entre business pédagogique et mysticisme anthropologique

La « pédagogie Montessori » rencontre actuellement un véritable engouement et fait l’objet d’une intense promotion commerciale. Grégory Chambat analyse ici les fondements politiques et idéologiques – bien souvent occultés – qui la sous-tendent.

Cohérence de la pédagogie Freinet

Cherchant à construire un citoyen émancipé et créateur, la pédagogie Freinet place au cœur de sa logique les principes de coopération, de participation et d’esprit critique. Catherine Chabrun revient ici sur le nouveau statut de l’élève et les nouveaux objectifs fixés à l’école qu’une telle pédagogie implique.

Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s

De nombreux partisans d’un renouvellement de la pédagogie se réclament des neurosciences, tout en se livrant à des interprétations fantaisistes de connaissances scientifiques. En faisant prévaloir une conception innéiste de la programmation du cerveau qui présuppose l’existence d’un potentiel cognitif « naturel » chez les enfants, ces interprétations font fi des sciences humaines qui analysent les conditions sociales dans lesquelles vivent et étudient les élèves.

La pédagogie sociale

Entretien avec Laurent Ott (L’Intermèdes Robinson, association de pédagogie sociale de Chilly Mazarin) réalisé par Le bureau des méthodes (janv. 2019,

De l’école mutuelle à l’école en commun

Dans le premier tiers du XIXe siècle, s’est développée en France l’école mutuelle pour répondre aux immenses besoins d’éducation. S’inspirant d’une expérimentation britannique, cette méthode consiste à organiser l’enseignement en petits groupes, sous la conduite de moniteurs eux-mêmes placés sous l’autorité de l’enseignant. Anne Querrien revient ici sur cette histoire peu connue et éphémère.

La menace des notes

L’utilité des notes fait l’objet d’un consensus largement partagé. Fabrizio Butera passe ici en revue les quatre présupposés – ou les quatre M – qui fondent l’argumentaire le plus souvent utilisé pour soutenir cette croyance : mesure, marché, mérite et motivation. En s’appuyant sur les résultats de la recherche scientifique qui existent à ce propos, il déconstruit chacun d’entre eux en montrant qu’ils ne trouvent aucun étayage empirique…

Bataille des mots

Miroir