Focus

La Convention citoyenne pour le climat: la politique climatique entre démocratie directe et dépolitisation

Le 21 juin, la Convention citoyenne pour le climat a soumis ses 150 recommandations au président français, proposant des mesures pour réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, conformément à l’accord de Paris que la France a signé à la COP21 en 2015. La création de cette convention et les résultats obtenus peuvent être considérés comme un événement historique en soi. Tandis que la convention et son rapport final sont à la fois le résultat et une réaction au mouvement des gilets jaunes, la manière dont elle a été abordée et négociée montre, pour Nessim Achouche, une volonté de dépolitiser la problématique du changement climatique.

«De l’extraction au recyclage en passant par le développement d’une économie circulaire, beaucoup d’options s’ouvrent à nous»

Avec le développement de l’économie verte et de l’économie numérique, notre consommation de métaux rares explose. Dans cet entretien, Guillaume Pitron revient sur les enjeux économiques, stratégiques, environnementaux et sociétaux de cette dépendance accrue. Il ouvre des pistes pour que le recours à ces ressources en matières premières soit écologiquement et socialement acceptable.

Scénariser l’avenir pour faire face aux enjeux énergie-climat: une nécessité pour les entreprises (et les acteurs publics)

Dans les années à venir, la nécessaire transition énergétique et l’adaptation aux conséquences du changement climatique joueront un rôle majeur dans les choix des organisations publiques ou privées, et en particulier des entreprises. L’analyse par scénarios constitue un outil d’anticipation de ces transformations qui aide à maîtriser l’incertitude, à définir des stratégies et des politiques. Néanmoins, nous prévient Romain Grandjean, pour être efficace, de telles analyses doivent reposer sur des scénarios appropriés et des méthodes maitrisées, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Miser sur les technologies de captage du CO2 industriel (CCUS)? Discutons-en!

Face à l’urgence climatique, et parmi les réponses possibles, les technologies de captage, utilisation et stockage industriels du CO2 (CCUS) doivent contribuer à atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Discutées depuis les années 2000, ces techniques émergentes ont été mises à l’agenda climatique par différents acteurs publics et privés. Régis Briday nous en propose une définition et éclaire les débats qui les entourent en insistant sur le besoin de les soumettre à la délibération démocratique.

L’agroécologie pour une alimentation saine et une agriculture durable

La pandémie de Covid-19 nous confirme l’urgence de sortir d’une agriculture industrielle destructrice et d’un système commercial mondial libéralisé qui maintient une concurrence déloyale et dévastatrice entre les agricultures et entre les paysans. Comme le montre Marc Dufumier, l’agroécologie constitue une alternative en plein essor qui nécessite un changement des politiques agricoles nationale et européenne pour qu’advienne un nouveau système alimentaire socialement juste, écologiquement et humainement durable.

Reconsidérer l’intérêt de la vitesse et penser global

Les transports constituent un enjeu fondamental, tant en raison de leur place dans nos modes de vie que de leur impact dans les émissions de polluants et de gaz à effet de serre. Laurent Castaignède revient sur l’avènement de la « culture de la mobilité motorisée », sur les transformations qu’elle a entraînées ou encore sur ses conséquences sanitaires et environnementales. Il propose un certain nombre de mesures adoptables (bien que parfois assez radicales) sur le court-terme et ouvre des pistes de réflexion pour débattre des bouleversements conceptuels que l’humanité devrait envisager pour répondre aux défis écologiques.

Retranscription d’un entretien réalisé pour Silomag fin octobre 2020.

Pour un pôle public du médicament

La récente crise sanitaire a mis en lumière les questions de production et d’approvisionnement en médicaments. Michel Limousin met ici l’accent sur un aspect moins débattu, celui du mode de fixation des prix du médicament et des conséquences de celui-ci. Il expose enfin une alternative à la situation actuelle.

Un crime qui ne dit pas son nom

La crise sanitaire engendrée par la Covid-19 a plus durement touché les occupants des maisons de retraite que l’ensemble de la population française. Michel Limousin étudie ici tout à la fois ce qui aurait pu être et ce qui a été, sans omettre de pointer du doigt les divers niveaux de responsabilité quant aux choix opérés qui ont conduit à une telle situation criminelle.

Covid-19: pas une parenthèse, mais un tournant pour l’école publique

Le modèle de l’instruction à la carte, officiellement selon les individus, en réalité selon les origines sociales, est une intention ancienne de la technocratie et des politiques néolibérales qui conduit, en pratique, à diviser et à réduire l’ambition de ce que sont l’école publique et la « scolarité unique ». Stéphane Bonnéry montre comment le gouvernement a instrumentalisé la situation pour imposer son modèle et accélérer des logiques déjà engagées. À rebours du scénario d’une école qui ne transmet pas les mêmes savoirs et incite à des parcours inégaux, il avance des pistes de réflexion alternatives pour construire une école visant la transmission-appropriation d’une culture commune de haut niveau.

Entendons les alertes des universitaires!

Les tribunes d’universitaires se multiplient pour alerter sur la situation de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ils protestent contre le fait que les universités soient restées fermées alors même que l’ensemble des établissements d’enseignement avaient rouvert. Ils soulignent avec force l’impératif d’une rentrée universitaire permettant à tous les étudiants d’assister à leurs cours en présentiel tout en respectant les précautions sanitaires. Ils avancent des propositions visant à mobiliser les moyens indispensables pour que cela soit possible. Loin de ne concerner que le monde universitaire, cette question constitue un enjeu de société primordial. La lutte qui s’engage mérite un soutien massif. C’est le devenir de l’Université et de la recherche qui est en cause.