Débats et alternatives

Cet espace vise à rendre compte du mouvement et de la confrontation des idées. Les contributions doivent permettre d’approfondir ou de présenter une thématique en lien avec une actualité politique, sociale, économique ou encore scientifique. À titre d’illustration, les contributeurs peuvent présenter une opinion argumentée, un état des lieux d’une question ou d’une recherche scientifique ou encore les enjeux d’une controverse.
Il existe des sous-rubriques qui peuvent varier en fonction des dossiers :
des repères afin de situer et d’éclairer la thématique (focus, chronologie, définitions, chiffres clés, etc.) ;
des pensées et pratiques alternatives car notre ambition ne se résume pas à décrire l’ordre des choses, mais également penser et faire connaitre des transformations progressistes;
des expériences étrangères afin de s’interroger sur les mouvements de convergences et de divergences entre les différents pays.

Information, conflits de perceptions et pouvoir d’agir

La réalité politique nationale et l’espace-temps numérique mondial constituent deux cadres d’existence dans lesquels nous évoluons simultanément et qui entrent en confrontation. Or, si les potentialités émancipatrices existent, la reproduction de formes de domination et d’inégalités est aujourd’hui au cœur de l’information qui prend une place centrale dans ces deux espaces. Julien Chandelier nous invite ainsi à regarder en face la réalité du pouvoir et interroge notre capacité à agir à l’intérieur de ces mondes contradictoires.

Alice Brites Osorio, broderie, "Les fondements des droits de la nature".

La reconnaissance des droits de la nature: un nouveau paradigme

Depuis 2008, grâce à la Constitution Equatorienne de Montecristi, se développe une nouvelle étape pour le constitutionnalisme latino-américain. Partant de l’idée que l’humain doit être en harmonie avec la nature pour bien vivre, celui-ci fait de la nature un sujet de droit placé au même niveau que la vie humaine. Cette reconnaissance transforme en profondeur les conceptions juridiques dominantes et se diffuse à travers le monde. Alice Brites Osorio revient sur les fondements de ce changement de paradigme qui conduit à faire du respect de la nature, de l’ancien, du pluriel et du féminin le principe du renouvellement du droit.  

Les syndicats et la lutte pour une transformation sociale radicale: face à la crise de la social-démocratie et de la «transition juste»

Depuis plus d’une décennie, les réponses des syndicats à la crise climatique et écologique en cours ont été principalement axées sur l’idée de « transition juste ». Cette idée a attiré à juste titre l’attention sur les graves perturbations auxquelles sont confronté.e.s de nombreux.ses travailleurs et travailleuses, et sur la nécessité de les limiter dans la mesure du possible ou de fournir des alternatives, le cas échéant. D’une manière générale, les syndicats ont reconnu la validité des conclusions de la science du climat et le besoin urgent d’une transformation radicale de nos sociétés, mais cette reconnaissance a surtout trouvé son expression en relayant des revendications sociales plus larges en faveur d’une politique « plus ambitieuse » de la part des gouvernements, comme nous l’explique John Tret dans cet article.

Régénérons l’idée du progrès

Alors que les conditions de survie de l’humanité sont en jeu, nous avons besoin d’enclencher une nouvelle ère dépassant les systèmes extractifs dominants et faisant de l’économie le moteur d’une nouvelle relation entre la Terre et l’humain. Aujourd’hui, une multitude de pratiques nouvelles montre que l’économie peut respecter les capacités régénératrices des ressources naturelles tout en permettant l’innovation et l’évolution humaine ; que l’humain peut devenir co-créateur, avec toutes les espèces vivantes, des équilibres planétaires et constructeur de son équilibre social. Retour avec Isabelle Delannoy sur ces nouvelles formes de production et d’organisation et sur les principes communs qui les sous-tendent. Leur mise en synergie peut provoquer la transformation globale que nous cherchons.

Révolution écologique et changement de civilisation

La révolution écologique nécessaire pour assurer l’avenir de l’humanité constitue un véritable changement de civilisation. Elle est globale car elle interagit avec nos visions du monde et de l’avenir. Elle est transversale car elle touche à toutes les dimensions de la vie en société. Elle participe d’une révolution anthropologique en cours. Cela permet de comprendre l’existence et l’importance des multiples débats et controverses dont elle est l’objet autour des rapports entre l’écologique et le social, la place de la démocratie ou encore la nécessité d’opérer des avancées majeures dans la voie d’un développement humain post-capitaliste.

Vers un Nouveau Pacte vert mondial, décolonial et féministe

Dans la lignée des propositions de Green New Deal, Bhumika Muchhala propose ici les principes fondamentaux pour un pacte mondial féministe et décolonial. Ce pacte vise à rectifier les dominations structurelles héritières d’un système de prédation colonial et patriarcal, en s’attaquant aux structures légales et économiques globales comme au système de pensée et de projection du monde.

Les écoféminismes: principes, propositions et solutions face aux crises actuelles

Si la crise que nous vivons est multisectorielle, les principes de l’écoféminisme en identifient les sources et proposent un modèle de résistance au système capitaliste et patriarcale. Dans cet article, María Eugenia García Nemocon propose un tour d’horizon des écoféminismes en les replaçant dans les différents contextes et luttes qui les ont vus apparaître et se développer.

L’énergie au centre des choix

La crise climatique et écologique trouve l’une de ses sources dans l’usage massif des énergies fossiles. Les choix possibles pour en diminuer les menaces s’organisent autour de la décarbonation et de la sobriété, dans des dimensions révolutionnaires. Pour Sylvestre Huet, ces choix possibles sont, pour la France, d’autant plus contraints par l’équation énergétique mondiale qu’elle importe presque 100% des hydrocarbures qu’elle consomme.

Transition écologique: Marx avait (presque) tout prévu

L’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. La transition écologique aussi. S’il se trouve un large consensus pour dépeindre de mots creux le « monde de demain », les ennuis commencent dès qu’il s’agit de définir les objectifs précis, les moyens nécessaires, et qui paiera. Pour l’instant, c’est le libéralisme qui a la main. Mais à l’évidence, il nous conduit dans l’impasse. Alain Tournebise nous propose un retour à l’analyse marxiste pour nous en convaincre.

Enjeux écologiques et nouveau paradigme industriel

Guidé par les intérêts financiers, le système industriel se caractérise par un éclatement des chaînes de valeur qui dégrade l’environnement et engendre une division du travail fragilisant les travailleurs. Face à ces impasses, les causes écologiques et anthropologiques se conjuguent. Marie-Claire Cailletaud esquisse les contours de ce que serait une nouvelle civilisation fondée sur la définition collective des besoins et une véritable économie circulaire, en déclinant des objectifs concrets, pour la France en particulier.