#11

Crises : carrefours des choix

Edito

Changer de trajectoire

Par Louise Gaxie et Alain Obadia

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Actualités du débat

Des inégalités à combattre

Réussir le changement: inégalités et justice sociale

Emploi, logement, santé, éducation, numérique ou encore transports, le confinement a rappelé l’ampleur des inégalités tout en les aggravant. Résolument favorable au changement par et pour l’émancipation humaine, Fabienne Pourre nous rappelle que chaque inégalité, chaque injustice en sont des violations ; que c’est en partant de ces injustices et inégalités vécues que l’on peut développer les mouvements de contestation et les propositions pour les éliminer. Le chantier d’interventions étant immense, elle nous invite à nous en saisir concrètement pour agir.

Travail des femmes en confinement: rendre visible la permanence des inégalités

Pendant la période du confinement, les femmes ont assuré un travail essentiel. Que l’on se place sous l’angle des métiers les plus utiles face à la crise sanitaire, du travail domestique ou du travail gratuit, ce sont majoritairement les femmes qui ont été en première ligne. Fanny Gallot revient sur ces diverses réalités sources d’importantes inégalités et tente de mettre en exergue les ressorts idéologiques qui les sous-tendent pour pouvoir mieux les dépasser.

Covid-19 : crise singulière, effets imprévisibles

Tout en interrogeant la singularité de la crise liée au coronavirus, Daniel Cirera met en avant ce qu’elle a révélé, accéléré ou encore exacerbé. Dans un contexte de tensions sociales qui s’étend sur tous les continents, ses conséquences ont élargi le champ des conditions concrètes nécessaires au changement et ont fait de la lutte contre les inégalités un vecteur puissant de la contestation populaire dont personne ne peut prédire les formes qu’elle peut prendre.

Covid-19: l’urgence d’intégrer une perspective de genre dans l’analyse de la pandémie et de ses conséquences

Que ce soit dans le monde professionnel ou dans la vie privée, les femmes ont été les premières à subir les conséquences de la pandémie ; conséquences elles-mêmes amplifiées par les choix politiques effectués ces dernières décennies. Lilian Halls-French dresse un panorama de la situation à l’échelle mondiale et insiste sur l’importance de recourir à des analyses genrées de la crise pour pouvoir apporter des réponses adaptées aux besoins et créer les conditions de sécurité nécessaires.

Changements dans le travail: prendre l’offensive

Convaincu qu’en rester à la défense du « monde d’hier » est illusoire, Jean-François Bolzinger revient sur les divers bouleversements qui impactent le travail afin de mettre en évidence les différents fronts sur lesquels nous devons combattre pour forger le monde de demain. Des inégalités notamment entre les sexes à l’encadrement nécessaire du télétravail en passant par l’aspiration à la socialisation dans l’entreprise ou encore la tendance à la division du salariat, le devenir du travail et de la société implique de prendre l’offensive.

Des perspectives alternatives

Les services publics sont nos biens communs

La crise a encore accentué la prise de conscience du rôle indispensable des services publics dans nos vies et des conséquences désastreuses de leur transformation néolibérale. À rebours des logiques de concurrence, de rentabilité et de marchandisation qui sous-tendent cette transformation, Alain Obadia conçoit les services publics comme des communs au service de toute la population, de la transition écologique et du développement d’approches solidaires et de coopération. C’est pourquoi il insiste notamment sur la nécessité de reconfigurer radicalement leur gestion autour d’un processus ambitieux de transformation démocratique.

Pour conjurer la catastrophe, prendre le pouvoir sur l’utilisation de l’argent

Alors que l’argent coule à flots, il est avant tout utilisé pour restaurer la rentabilité du capital. Pour Denis Durand, c’est une impasse dangereuse qui alimente la spéculation. Il nous montre que d’autres choix existent. C’est en imposant de soumettre l’utilisation de l’argent à une logique sociale, écologique et démocratique qu’il sera possible de répondre aux enjeux de notre époque et d’apporter des réponses durables à la crise.

«La reconstruction du pays passera par la culture». Puisqu’ils le disent: Chiche!

Le monde de la culture compte parmi les secteurs les plus sévèrement touchés par la crise. Si les mesures de soutien adoptées par le gouvernement ne sont pas négligeables, d’autres seront nécessaires dans les années à venir pour surmonter le choc subi. Mais au regard du rôle considérable de la culture, des arts et de la création dans la construction d’un autre monde et d’autres futurs, l’enjeu n’est pas que financier. Frank Guillaumet nous invite à remettre en cause le modèle économique qui prime dans ce secteur et à réfléchir aux échecs de la démocratisation culturelle. Favorable à un service public tourné vers les usagers et la société, il ouvre des pistes pour s’atteler, sans plus attendre, à l’essor d’une démocratie culturelle en partage avec tous les acteurs concernés.

Covid-19, implications écologiques et systémiques

Il est aujourd’hui largement admis que les déforestations et la réduction des écosystèmes favorables aux espèces sauvages, toutes deux consécutives à la surexploitation des ressources naturelles, favorisent la propagation de nouveaux virus. Or, l’obnubilation de la recherche du profit est une cause majeure de la dégradation de la planète. Après avoir résumé quelques-unes des implications écologiques des pandémies, Alain Pagano met en avant des propositions qui nous permettraient de révolutionner nos modes de production et nos modèles de société afin de mieux respecter la planète et les écosystèmes, et de préserver la santé humaine.

Covid19 et perspectives émancipatrices

Face aux carences de l’État et du marché concurrentiel, des formes d’auto-organisation ont été développées dans nombre de secteurs pour répondre aux besoins liés à la pandémie. En s’appuyant sur l’exemple emblématique des personnels hospitaliers, Guy Carassus montre comment l’auto-organisation rend possible des prises de conscience des ressources insoupçonnées que recèlent les collectifs de travail et des limites qui viennent les restreindre. Dans une période où sont mises en débat des propositions pour concevoir « un autre monde », il insiste sur l’importance de faire de l’acquisition de nouveaux droits d’intervention et de décision dans les affaires de l’entreprise et de la cité la condition d’une transformation en profondeur de notre société.