La bataille des mots

Cet espace se propose de réfléchir au sens des mots afin d’éclairer les débats et de savoir de quoi l’on parle. Il s’agit de s’intéresser plus particulièrement aux mots ou expressions dont la signification a été détournée, ceux qui comportent de forts enjeux politiques ou encore ceux qui nécessitent d’expliciter les conceptions, les partis-pris et les contextes intellectuels sous-jacents.

«Jacobins», «jacobinisme» ou les fausses évidences du passé révolutionnaire. Quelques considérations à l’usage d’aujourd’hui (II)

Assimiler le jacobinisme à une centralisation « coupable et inefficace » est devenu un lieu commun du débat politique français. Il est d’usage de l’opposer à une « bonne et vertueuse » décentralisation girondine. Or, le fond réel de l’affrontement de ces deux courants de républicanisme révolutionnaire s’est principalement construit autour de l’acceptation ou du refus du poids du mouvement populaire parisien dans la vie politique nationale, et non autour de l’acceptation ou du refus de Paris comme lieu unique de la fabrique de la loi commune de la République, nous rappelle Côme Simien. Il souligne que le jacobinisme est une structure de socialibilité politique d’une ampleur inédite pour l’époque.

«Jacobins», «jacobinisme» ou les fausses évidences du passé révolutionnaire. Quelques considérations à l’usage d’aujourd’hui (I)

Assimiler le jacobinisme à une centralisation « coupable et inefficace » est devenu un lieu commun du débat politique français. Il est d’usage de l’opposer à une « bonne et vertueuse » décentralisation girondine. Or, le fond réel de l’affrontement de ces deux courants de républicanisme révolutionnaire s’est principalement construit autour de l’acceptation ou du refus du poids du mouvement populaire parisien dans la vie politique nationale, et non autour de l’acceptation ou du refus de Paris comme lieu unique de la fabrique de la loi commune de la République, nous rappelle Côme Simien. Il souligne que le jacobinisme est une structure de socialibilité politique d’une ampleur inédite pour l’époque.

L’extractivisme, un système d’exploitation en question

Concept politique recouvrant des réalités idéologiques diverses, l’extractivisme interroge les formes et moyens d’exploitation des ressources naturelles. Corrélée à l’industrialisation, multipliée par trois depuis 1970, notre consommation de matières résultant de l’extraction s’accélère aggravant l’empreinte carbone, les disparités entre les pays et au sein d’un même territoire. Fabrice Flipo revient sur les inégalités d’un système d’exploitation qu’il est urgent de changer.

Face à l’urgence, peut-on encore parler de «transition»?

Dominique Bourg revient, dans l’émission les «Chemins de la philosophie» de France Culture (58 min), sur la pertinence de parler encore de «transition» face à l’urgence climatique à laquelle nous devons faire face.

Les ambiguïtés de la notion de «sobriété énergétique»

«Le paradoxe de la notion de sobriété énergétique», une chronique d’Anaïs Kien (Le journal de l’histoire, France Culture, 2 février 2020, 3 min).

Démocratie: histoire d’une notion

Au XVIIIe siècle, démocratie et représentation étaient considérées comme inconciliables. Avec l’avènement du suffrage universel, une synthèse de ces deux notions sera réalisée par la théorisation de la notion de « démocratie représentative ». Silo a sélectionné deux vidéos revenant sur cette histoire du mot démocratie.

Entreprise, un mot des salariés ou un mot du patronat?

En deux siècles, le mot « entreprise » a été accaparé par la sphère économique en réduisant son sens à une organisation sociale de production. Retour sur cette évolution et interrogations sur la montée et la popularisation non critiques du mot « entreprise » au singulier alors même que les entreprises réelles sont diverses socialement, géographiquement et économiquement.

La notion de vieillissement de la population? Une représentation négative de l’allongement de la vie

Répondant à des préoccupations natalistes, Alfred Sauvy construit la notion de « vieillissement de la population » à la fin des années 1920 pour frapper les esprits. Popularisée dans les années 1940, elle alimentera une conception dramatisée des évolutions démographiques. Christophe Capuano revient sur l’histoire de cette expression et explicite, tout en les déconstruisant, les représentations négatives, erreurs et confusions qu’elle charrie.

Les vieux et les vieilles: du mépris au retournement du stigmate

Les mots que nous employons quotidiennement ont une valeur – et parfois une charge – symbolique et sociale. Ils ne définissent pas seulement l’objet qu’ils désignent, mais aussi l’état de la société dans laquelle ils sont utilisés. C’est ce qu’analyse ici Josiane Boutet à propos de nos « vieux » et « vieilles ». Ces mots ont bien souvent une connotation négative obligeant à des contournements sémantiques. Mais de plus en plus nombreux sont ceux qui se réapproprient leur usage pour en faire des symboles de leur fierté.

Quand la catégorisation «Élèves en difficultés» masque la construction sociale des inégalités devant les apprentissages scolaires

Cherchant à catégoriser les différents types d’élèves, l’institution scolaire construit des qualifications globalisantes qui participent de la construction de représentations elles-mêmes généralisantes quant à la nature des dispositions culturelles et cognitives gênant la scolarisation. En revenant sur l’expression « élèves en difficulté », Élisabeth Bautier montre en quoi le caractère général de cette dénomination concourt à masquer la nature effective des difficultés et de leur construction sociale comme à exempter l’école de ses responsabilités.