La bataille des mots

Cet espace se propose de réfléchir au sens des mots afin d’éclairer les débats et de savoir de quoi l’on parle. Il s’agit de s’intéresser plus particulièrement aux mots ou expressions dont la signification a été détournée, ceux qui comportent de forts enjeux politiques ou encore ceux qui nécessitent d’expliciter les conceptions, les partis-pris et les contextes intellectuels sous-jacents.

Évolution du mot «Révolution»

Extrait du livre d’Alain Rey, « »Révolution », Histoire d’un mot » et vidéo du réseau Canopé définissant le mot révolution.

La révolution doit-elle être réinventée?

Par Alain Bertho. Les émeutes sont croissantes en ce début de XXIe siècle et connaissent une forme d’invisibilité jusqu’en 2011, année du printemps arabe, des Indignés et des occupations. Alors qu’en 2011, le mot « révolution » est convoqué partout, Alain Bertho interroge la question de savoir si ces soulèvements populaires peuvent être qualifiés ainsi. Leur absence de visée stratégique et l’impensé de leur traduction politique rompent avec la conception moderne de la révolution. Repenser l’État et sa nécessaire soumission à une puissance populaire est un moyen d’offrir une figure contemporaine de la révolution et de sortir du présentisme qui a caractérisé ces soulèvements.

Révolution, vous avez dit révolution?

Par Valère Staraselski. Dans son ouvrage de candidat Révolution, Emmanuel Macron annonce vouloir mettre un coup de pied dans la fourmilière des conservatismes en tous genres et propose de révolutionner la société pour répondre aux grands bouleversements en cours. Mais de quelle révolution parle-t-il ? Si elle épouse le rejet de la politique telle qu’elle s’exerce aujourd’hui, elle semble plutôt relever de l’adaptation au capitalisme mondialisé, posant ainsi la question du détournement du sens que les Français accordent majoritairement au mot révolution.

Qu’est-ce que la hiérarchie des normes?

Par Michel Troper. À l’occasion des réformes du Code du travail, l’expression « hiérarchie des normes » s’est fait connaître du grand public par l’intermédiaire de l’expression « inversion de la hiérarchie des normes ». Michel Troper nous explique ce qu’elle signifie du point de vue de la théorie du droit.

Analyse du mot travail

Dans la rubrique, Le mot de la semaine de France inter du 9 juin 2017, Mariette Darrigrand propose une analyse…

De quoi «crise» est-il le mot?

Par Josiane Boutet. Le mot « crise » est omniprésent dans le discours des politiques, ainsi que dans les média et chez les commentateurs politiques. Mais quel est son origine ? Comment est-il devenu un mot « trop gros », c’est-à-dire un mot « fourre-tout » dans lequel chacun met ce qu’il a envie d’entendre, un mot qui devient le symptôme d’une pensée accélérée, ne prenant plus le temps de l’analyse ?

«Le système»

Par Josiane Boutet. La dernière campagne présidentielle aura été ponctuée par l’emploi à tout-va de l’expression « le système », par nombre de candidats. Que recouvre cette expression ? Il semble qu’il y ait un intérêt partagé à conserver un flou autour de cette expression, à la laisser être interprétée par chacun selon ses affinités politiques.

Dettes illégitime, illégale, odieuse, insoutenable. Quelques définitions

Définitions proposées par la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque.

La «post-vérité». Brecht, au secours!

Par Josiane Boutet. Les « alternative facts » et les « fake news » se situent dans le registre de la propagande. Ils portent ainsi atteinte à l’argumentation politique et au débat d’idées qui sont à la base d’un régime démocratique. Comme Bertolt Brecht le préconisait, il est nécessaire de « lessiver les mots », c’est-à-dire de leur redonner leur sens réel et non celui que le pouvoir veut leur donner. Ce travail de « lessivage » est une action éminemment politique.

Est-il présidentiable?

Par Josiane Boutet. Découlant du pouvoir présidentiel de la V° République, le mot « présidentiable » s’est imposé dans notre vocabulaire sans que nous en ayons conscience. Le terme est ambigu. Il renvoie aussi bien à la volonté d’être candidat qu’aux compétences supposées nécessaires pour exercer la fonction. Retour sur le sens d’un mot.