La politisation de l’action syndicale est souvent proposée comme une possibilité pour une action syndicale émancipatrice. L’étude des relations syndicats, partis, État en Turquie dans les années 2000 est en revanche caractéristique d’une configuration dans laquelle l’imbrication des liens entre l’État et un parti politique met les syndicats dans des relations de dépendance au pouvoir. Cette période marque un tournant important pour la structuration et le fonctionnement du champ syndical. En favorisant la promotion de la centrale syndicale conservatrice, le pouvoir a contribué plus largement à la polarisation et la politisation du champ syndical dans son ensemble. Cette configuration État, partis, syndicats au niveau national ne s’observe toutefois pas de la même manière à toutes les échelles d’analyse. Certains secteurs d’activité et certaines régions donnent à voir d’autres formes d’alliances syndicats-partis qui renforcent des possibilités d’alternance et de résistance pour les acteurs protestataires.


