La politisation de l’action syndicale est souvent proposée comme une possibilité pour une action syndicale émancipatrice. L’étude des relations syndicats, partis, État en Turquie dans les années 2000 est en revanche caractéristique d’une configuration dans laquelle l’imbrication des liens entre l’État et un parti politique met les syndicats dans des relations de dépendance au pouvoir. Cette période marque un tournant important pour la structuration et le fonctionnement du champ syndical. En favorisant la promotion de la centrale syndicale conservatrice, le pouvoir a contribué plus largement à la polarisation et la politisation du champ syndical dans son ensemble. Cette configuration État, partis, syndicats au niveau national ne s’observe toutefois pas de la même manière à toutes les échelles d’analyse. Certains secteurs d’activité et certaines régions donnent à voir d’autres formes d’alliances syndicats-partis qui renforcent des possibilités d’alternance et de résistance pour les acteurs protestataires.
Le service public audiovisuel n’est pas l’ennemi de la liberté d’expression. Ce sont les médias à but lucratif qui le sont. Les attaques de Donald Trump contre NPR et PBS détournent l’attention de la véritable voie à suivre pour sortir de la censure et favoriser la diversité de points de vue : un vaste écosystème médiatique démocratiquement contrôlé, et financé par des fonds publics. Article initialement paru dans la revue Jacobin (reproduit avec l’autorisation de l’autrice).
L’IA générative a des effets considérables sur le monde de l’éducation, secondaire comme supérieure. Pour s’en emparer, l’utiliser de manière raisonnée, en en connaissant les dangers, il faut d’une part faire des recherches sur son impact, et d’autre part former massivement les acteurs concernés (étudiants, professeurs, documentalistes…) Le rythme d’évolution de cette technologie semble pour l’instant prendre de vitesse les capacités d’adaptation de l’éducation en France, plutôt en retard par rapport à d’autres pays, surtout non-européens. Retour avec Yves Livian sur les réponses possibles pour les nations technologiquement dépendantes.
Avec ses 150 millions d’euros sur la table, le plan Périclès de Pierre-Edouard Stérin, visant à réaliser une union des droites extrêmes et à la faire gagner dans les têtes comme dans les urnes, est bien connu désormais, un an et demi après sa révélation par Thomas Lemahieu dans L’Humanité. Mais le milliardaire catholique identitaire, exilé fiscal en Belgique, ne se contente pas de ça… Il met également la main à la fois sur les fêtes populaires et sur tout le secteur du divertissement immersif dont fait partie la réalité augmentée, le «medium de l’engagement absolu».
Nous reproduisons ici des extraits d’une contribution que le philosophe Lucien Sève livra en novembre 2002 lors d’un colloque organisé par l’OMOS (Observatoire des Mouvements de la Société). Rédigée il y a près d’un quart de siècle, on ne peut qu’être frappé à sa lecture par la pertinence et l’actualité de bien des constats critiques sur l’état des médias et sur la nécessaire, mais défaillante, contre-offensive des forces démocratiques. Les enjeux auxquels nous sommes confrontés ont donc des racines profondes. Lucien Sève propose une étude de l’idéologie dominante par ses médias, et invite les militants à travailler avec les journalistes pour doter le peuple d’outils médiatiques véritablement démocratiques.
Une bataille d’hégémonie culturelle planétaire se joue actuellement en France, en Europe et dans le monde, entre d’un côté les forces et les idées d’émancipation, et de l’autre celles de forces ultraréactionnaires. Dans le bain et le matraquage médiatiques dominants s’efface la frontière entre le vrai et le faux, minant la libre délibération démocratique.
Pris pour cible par Donald Trump et le camp conservateur, l’audiovisuel public américain fait face à des coupes budgétaires inédites. Derrière la dénonciation d’un prétendu biais gauchiste, Anais Le Fèvre-Berthelot montre que c’est l’existence même des réseaux de radio et de télévision publiques qui est menacée, dans un paysage médiatique déjà dominé par les grands conglomérats privés. Article publié par The Conversation France.





