base de données

L’identification biométrique des citoyens au Kenya. Une question très politique

Le marché africain de l’identification biométrique est en forte expansion depuis 2010. En s’appuyant sur le cas du Kenya, Héloïse Grard met en perspective les enjeux politiques du développement contemporain de cette technologie d’État au regard de la domination coloniale européenne passée. L’assignation à chaque citoyen.ne d’un numéro d’identification unique regroupant l’ensemble des informations connues par les administrations suscite aujourd’hui des mobilisations, pour éviter notamment qu’une partie de la population soit écartée de la reconnaissance juridique et des droits afférents, en raison des contraintes techniques de convergence des bases de données.

Renforcer le contrôle par les technologies de l’information et les statistiques

On sait que le montant cumulé des aides indues par des fraudeurs reste très en-deça du non-recours aux prestations sociales par des allocataires qui y auraient droit. Et pourtant les contrôles et la surveillance n’ont eu de cesse de se renforcer. Si ces pratiques ne sont pas nouvelles, elles se singularisent aujourd’hui par l’ampleur que leur confèrent les technologies numériques et les possibilités nouvelles de détection d’anomalies dans les dossiers des allocataires. Dans cet extrait, Vincent Dubois examine ainsi les usages du data mining au sein des administrations publiques françaises désormais rompues au modèle managérial de la gestion des risques : les analyses statistiques de l’État néolibéral délaissent le cadre collectif de la population pour se focaliser sur l’individu et anticiper ses potentielles déviances.

Quelques considérations sur la notion d’«intelligence» en informatique

L’écriture algorithmique, couplée aux données sur lesquelles elle s’appuie, est capable de prévoir « probablement » nos comportements, de s’autocorriger en fonction de ses propres calculs que l’algorithme a rendus autonomes, ou de calculer les milliards de combinaisons possibles d’un jeu de stratégie comme les échecs ou le jeu de Go. Cependant, elle se distingue de l’intelligence humaine en cela qu’elle est incapable de créer quoi que soit, indépendamment d’une base de données et de calculs qui lui est assignée.