Dans cet article qui présente les premiers résultats d’une étude à paraître sur la financiarisation des soins aux personnes âgées dans six pays de l’Union européenne, Cornelia Hildebrandt et Tatiana Moutinho expliquent les mécanismes d’un processus qui a commencé dans les années 1990 et s’est accéléré dans les années 2000 dans un contexte d’absence de réglementation et de stratégie de financement durable du grand âge et de la dépendance à l’échelle européenne. Les soins aux personnes âgées sont devenus la cible de quelques grands groupes cotés en bourse qui ont tiré profit de la directive européenne sur la concurrence concernant la procédure des appels d’offre. Captant les subventions publiques alors que les établissements publics sont plongés dans de multiples difficultés notamment financières, ces sociétés de capital-investissement organisent la précarité des soins pour maximiser leurs profits.
« Service public » est un terme qui sonne singulièrement à une oreille française portant en lui les luttes ayant amené des conquis sociaux qui rendent la vie de tous et en particulier des plus démunis plus humaine. Bien que ce signifiant revête un sens davantage politique, il est également une construction juridique que nous propose ici de détailler David Charbonnel, maître de conférence en droit public à l’Université de limoges. Une construction française qui s’est heurtée à une autre, celle voulue par l’Union européenne charriant avec elle une conception néolibérale, radicalement opposée aux valeurs de solidarité nationale censées être inhérentes au service public.









