Vues d’ailleurs

De l’école coloniale à la privatisation, la jeunesse burkinabè sacrifiée?

Par Nacanabo Sagado. Au Burkina Faso, où 45 % de la population a moins de 35 ans, les nombreuses réformes de l’école coloniale engagées depuis les indépendances n’ont pas résolu les défis d’un système éducatif pour tous et de qualité. Au contraire, l’instabilité politique puis l’ajustement structurel des années 1990 ont freiné les efforts de scolarisation, surtout en direction des enfants pauvres, vivant en milieu rural. Ils ont également ouvert la voie à un développement massif des établissements privés dans le post primaire, le secondaire et le supérieur. Inquiet des nombreuses fermetures d’écoles en raison de l’insécurité grandissante dans la région, Nacanabo Sagado en appelle à la mobilisation de tous les acteurs pour garantir l’accès de tous à une école de qualité.

Le modèle barcelonais: lumières et ombres

Par Mariona Tomàs. La forte mobilisation de la société civile, un espace public considéré comme l’une des clefs de la transformation urbaine, le volontarisme politique, une gauche hégémonique et les relations public/privé ont dessiné le « modèle Barcelone ». S’il a conduit à une diminution des inégalités sociales et territoriales, le consensus autour de ce modèle semble s’effriter depuis le début des années 2000 avec un premier virage néolibéral de la ville, suivi de la crise financière et économique de 2008. Mariona Tomàs revient sur ces différents ingrédients et sur leurs évolutions. Entre permanences et ruptures, elle interroge la pertinence de parler encore de modèle barcelonais.

Approche matérielle et gouvernement de fait (Quelques commentaires autour du livre. «Métropoles en Méditerranée. Gouverner par les rentes»)

Par Dominique Lorrain. Ce livre présente les cas de Beyrouth, du Caire, d’Alger et d’Istanbul. Partant de la matérialité de la ville, il s’interroge sur la manière dont chacune de ces métropoles est produite comme sur les protagonistes engagés dans ces processus, et plus spécifiquement sur le comportement des élites et les buts qu’elles se fixent. Dominique Lorrain nous explique ici sa démarche et nous expose les résultats convergents que son approche a permis de mettre en lumière.

Bombay

Par Olivier Da Lage. Avec ses 22 millions d’habitants, la métropole indienne, rebaptisée aujourd’hui Mumbai, réinvente son espace urbain au rythme des migrations intérieures et des mutations économiques. Une dynamique fascinante entre bidonvilles et quartiers d’affaires, sur fond de violences et résistances sociales, de polarisations communautaires et politiques et de concentrations de populations peu communes. Portrait par Olivier Da Lage de cette métropole toujours à la recherche d’espace pour une population toujours croissante.

Grèce 2018: Le désastre néolibéral de la protection sociale et sanitaire

Par Emmanuel Kosadinos. La prétendue amélioration de la situation sociale et sanitaire en Grèce est une fiction du gouvernement grec, des institutions européennes et des médias dominants. La poursuite de l’application des recettes néolibérales mène à la faillite de l’État social et à la pérennisation de la précarité. Emmanuel Kosadinos nous dresse un bilan de la situation dans ce laboratoire européen du néolibéralime et incite, l’ensemble des pays européens, à en tirer les leçons.

La protection sociale en Afrique sub-saharienne: état des lieux et perspectives

Par Félix Atchadé. Hérités de la colonisation, les systèmes de protection sociale en Afrique subsaharienne ne concernent, au moment de l’indépendance, que les travailleurs des secteurs publics. Élargis par la suite aux travailleurs du secteur privé formel non agricole, ils restent souvent non accessibles à une grande majorité de la population. Néanmoins, avec l’échec des politiques néolibérales imposées par les institutions financières internationales, des mesures ont été mises en place dans nombre de pays africains qui ont intégré la Couverture sanitaire universelle pour objectif. Félix Atchadé nous replace cette histoire dans son contexte, nous propose un rapide état des lieux et ouvre des pistes pour permettre le développement d’une véritable sécurité sociale dans cette région du monde

Les enjeux de la sécurité sociale chinoise au XXIe siècle 

Par Mélanie Atindéhou-Laporte. À l’aube du XXIe siècle, la Chine a connu un essor économique sans précédent. Le système de Sécurité sociale chinois a dû s’adapter pour répondre à l’exode massif de ruraux vers les grandes villes et au mouvement migratoire constant d’une importante partie de la population. D’importants efforts ont été fournis dans ce sens, mais les contraintes liées à la topographie de ce pays immense et le vieillissement de la population posent un problème de financement de la couverture maladie et des retraites. Mélanie Atindéhou-Laporte revient sur cette construction progressive de la protection chinoise et sur ses enjeux contemporains.

1789 et 1917 : l’enjeu de l’analogie

Par Jean-Numa Ducange. La révolution russe va susciter de nombreuses analogies avec la Révolution française. Octobre 17 sera pensé en lien avec cette dernière qui prendra une place fondamentale dans l’expérience révolutionnaire russe. De son côté, l’ombre de la révolution russe planera sur les évocations de 1789 et 1793 pendant une grande partie du XXe siècle.

L’exception politique en révolution. Pensées et pratiques (1789-1917)

Colloque organisé à l’l’Université de Rouen (7-8 novembre 2017). À l’automne 1793, la Convention nationale décrète que le gouvernement de la République sera « révolutionnaire jusqu’à la paix », l’adjectif étant alors conçu comme synonyme d’« extraordinaire ». Les premiers signes annonciateurs de ce temps d’exception politique sont toutefois antérieurs et, par ailleurs, les Conventionnels n’inventent pas ex nihilo ce gouvernement extraordinaire.

Chine : la « Révolution » dans une histoire en perpétuel changement

Par Zhou Sicheng. Transition idéalisée du pouvoir politique et du mandat du ciel, révolution de palais, coups d’État, premier empereur d’une dynastie, révolution française, accomplissement d’un renouveau, révolutions républicaine, prolétarienne ou encore socialiste, le terme Ge ming, – équivalent de révolution en langue française – renvoie au renversement des systèmes existants. Par l’évocation de ces différents usages, c’est un peu de l’histoire de la Chine dont Zhou Sicheng nous donne un aperçu.