capitalisme

L’impact des algorithmes sur nos vies

Le 1er Avril 2021
Economie régénératrice et symbiotique, nouveau paradigme industriel, agroécologie et monnaie écologique sont autant de pistes pour aller vers une civilisation écologique. Débats avec quatre auteurs du Silomag #12 pour dénouer les possibles.

L’impératif de la sobriété numérique

Le fonctionnement qui nous apparaît souvent mystérieux de l’informatique brasse son lot de représentations fantasmées et éthérées. Quoi de plus nébuleux que le « cloud computing » (informatique en nuage, en québécois) pour susciter une impression flottante d’apesanteur et de légèreté, à distance des mines d’extraction de silicium et des salles de serveurs lourdement climatisées ? Culpabilisés et mal-informés des conséquences d’une consommation de biens et de services numériques qu’ils n’ont pas toujours choisie, les citoyens n’en demeurent pas moins constamment incités à plus de consommation numérique. Fabrice Flipo réoriente notre regard en posant la question du gain réel de cette révolution industrielle. Les profits nouveaux que suscite une gestion plus efficiente des ressources alimentent une offre plus diversifiée de produits, donc de nouveaux besoins, entretenant ainsi une croissance économique néfaste pour la planète.

Faire consentir à un avenir probable ou l’instrumentalisation algorithmique

Le fétichisme de la quantification ininterrompue du monde et la puissance divinatoire que ses rentiers nous louent reposent sur un empirisme naïf, non-dénué de présupposés théoriques, et pour le moins, technocratiques. Dans cet extrait, Cédric Durand montre ainsi que cette posture épistémologique relève d’une stratégie économique qui vise à enregistrer, surveiller et orienter les comportements. Il s’agit pour les firmes du capitalisme de plateformes de maximiser leurs profits par l’optimisation du degré de certitude des probabilités qu’elles produisent et instrumentalisent, en extrayant toujours plus de données sur la vie des individus, incités à se soumettre en retour au modèle prédictif qui leur est proposé.

Algorithmes : reprendre le contrôle

De Parcoursup à nos navigations sur le web ou les réseaux sociaux en passant par…

Régénérons l’idée du progrès

Alors que les conditions de survie de l’humanité sont en jeu, nous avons besoin d’enclencher une nouvelle ère dépassant les systèmes extractifs dominants et faisant de l’économie le moteur d’une nouvelle relation entre la Terre et l’humain. Aujourd’hui, une multitude de pratiques nouvelles montre que l’économie peut respecter les capacités régénératrices des ressources naturelles tout en permettant l’innovation et l’évolution humaine ; que l’humain peut devenir co-créateur, avec toutes les espèces vivantes, des équilibres planétaires et constructeur de son équilibre social. Retour avec Isabelle Delannoy sur ces nouvelles formes de production et d’organisation et sur les principes communs qui les sous-tendent. Leur mise en synergie peut provoquer la transformation globale que nous cherchons.

«De l’extraction au recyclage en passant par le développement d’une économie circulaire, beaucoup d’options s’ouvrent à nous»

Avec le développement de l’économie verte et de l’économie numérique, notre consommation de métaux rares explose. Dans cet entretien, Guillaume Pitron revient sur les enjeux économiques, stratégiques, environnementaux et sociétaux de cette dépendance accrue. Il ouvre des pistes pour que le recours à ces ressources en matières premières soit écologiquement et socialement acceptable.

Changer de trajectoire

Crises sociale, économique, financière, politique, écologique, culturelle et idéologique, toutes les dimensions de la crise systémique dans laquelle nous sommes plongés ont été exacerbées dans cette période particulière. Dans un tel moment, et dans un champ social et politique dominé par l’incertitude, l’intervention de la pensée critique est cruciale. La réflexion et la créativité propositionnelles et stratégiques sont indispensables.

Covid-19 : crise singulière, effets imprévisibles

Tout en interrogeant la singularité de la crise liée au coronavirus, Daniel Cirera met en avant ce qu’elle a révélé, accéléré ou encore exacerbé. Dans un contexte de tensions sociales qui s’étend sur tous les continents, ses conséquences ont élargi le champ des conditions concrètes nécessaires au changement et ont fait de la lutte contre les inégalités un vecteur puissant de la contestation populaire dont personne ne peut prédire les formes qu’elle peut prendre.

Emploi, immigrés et Coronavirus: le cas italien

Les effets de l’épidémie et surtout sa gestion en Italie ont de fortes implications en termes d’inégalités sociales. Certains groupes sociaux souffrent particulièrement de cette situation. Leur souffrance peut venir du confinement qui empêche de circuler et de travailler, mais aussi de devoir travailler dans de nouvelles conditions, plus difficiles et plus dangereuses. Dans cet article, Enrico Pugliese aborde les effets de l’épidémie sur les travailleurs précaires, ceux qui ont un contrat de travail et ceux qui travaillent illégalement. En Italie comme dans le reste de l’Europe, ce sont le plus souvent les immigrés qui sont les plus touchés par cette précarité.

Covid19 et perspectives émancipatrices

Face aux carences de l’État et du marché concurrentiel, des formes d’auto-organisation ont été développées dans nombre de secteurs pour répondre aux besoins liés à la pandémie. En s’appuyant sur l’exemple emblématique des personnels hospitaliers, Guy Carassus montre comment l’auto-organisation rend possible des prises de conscience des ressources insoupçonnées que recèlent les collectifs de travail et des limites qui viennent les restreindre. Dans une période où sont mises en débat des propositions pour concevoir « un autre monde », il insiste sur l’importance de faire de l’acquisition de nouveaux droits d’intervention et de décision dans les affaires de l’entreprise et de la cité la condition d’une transformation en profondeur de notre société.